19 07

Je vois plus personne c'est bon, tout va mieux.

Donc comme j'ai dit à tout le monde que je voulais faire de la BD, bah j'en fais pas et j'en lis pas. Comme j'ai dit : "jveux dessiner" plutôt que "je suis une énorme branleuse low cortisol".

J'en lis pas, j'aime même pas ça. Mais c'est pas grave je ferais quand même à défaut de pouvoir faire des enfants. J'ai envie de tous les choquer et dire "je garde" à la première grossesse involontaire. C'est amusant parce qu'évidemment que ça n'arrivera pas. Sans doute que c'est comme se faire taper dessus très fort que d'avoir une décision à prendre de cette sorte. Mais ça me pèse d'être regardée comme une abeille orpheline de sa ruche. Ca me pèse que l'on puisse croire que puisqu'elle fait rien elle peut travailler plus que les autres. Faut vite que je ponde quelque chose qui me donne le droit à des congés.

Si ça me lit, ça va pas pouvoir s'empêcher de penser qu'elle est rabougrie. Tu vois que ça me titille. Je viens ici à chaque fois que je crois que j'ai de la parano. Dans le silence, ça se discute mieux. Des fois tu donnes à des gens et c'est pour rien, ça fait mal, on s'en remet et on s'achète un moleskine d'une couleur qui nous rend dépressif. En rose comme si j'allais écrire ma vie amoureuse dedans. Au moins le gosse il va pas t'inventer qu'il peut pas venir avec toi au camping parce que sa vie de couple mes couilles. Il suit sans se poser de question et on mangerait des glaces menthe chocolat, ou vanille s'il aime pas parce que je sais que beaucoup partent en guerre contre la glace menthe chocolat et peut-être que mon gosse sera de ces gens-là et je suis prête à tolérer ce moindre mal.

Je comprendrais au moins un peu ce qui arrive. Du fait que les proches vivent tous dans des espaces clos loin du tiens : moi je comprends rien. Je ne sais pas quand est-ce que nous sommes semblables et surtout nous sommes souvent comment des étrangers. Pourtant si t'es ma soeur, mon frère, ma mère ; c'est jusqu'à la mort : ça devrait compter.

Donc comme j'ai dit que j'allais faire quelque chose, je vais le faire. Je pense qu'il y aura une vibe. Je pense que j'essayerais mais que je n'arriverais pas à finaliser ma vision, mais je pense surtout que j'ai pas envie de rentrer chez moi en me disant que je n'ai plus rien à faire et que ma vie est finie. Voyager avec la sncf aujourd'hui c'est 300 euros aller-retour des fois. En plus c'est toujours pour que je soies depressive, mais dans un musée. Alors le mieux pour moi c'est d'être fatiguée et déjà déçue, proche de mon lit.

26 06

Je déteste vivre dans tout-se-sait land. Pourquoi il n'y aucun de mes points faibles qui n'échappent aux doigts qui les jugent en coupable. Ca peut devenir drôle, d'ailleurs des fois je me dis "tant pis pour vous si vous savez". Tout se sait. Non c'est plutôt que tout est lu. Tous les langages sont des vallets de palantir : et le temps court : conclut de chasser les nuances.

En fait ici, comme ça ressemble un peu à quelque chose, je vais dessiner plutôt que d'écrire : j'écoute des créatifs de ma famille politique et ils me font réaliser que je n'ai rien à faire dans le mode logique, normal, politique, de la création de contenu. Je comprends rien, je suis qu'une introvertie timide de merde, ancrée dans aucune sincérité, mieux vaux pour le monde que je ne touche à rien des constructions multijoueurs. J'ai tout à voir à être utilisée comme un collier, que d'être celui qui le porte.

En fait ma stratégie c'est la technique. Si j'ai aucun bout de cerveau qui ne me sert à être intelligible et droite : je dessinerai pour ceux qui ont pas honte d'eux-mêmes.

06 08

Malheureusement pour moi, je vois du monde. Parce que ça dit que c'est bien de voir du monde. Mais maintenant ça suffit. Chaque fois que je pose mon cul sur un chaise de terrasse ou sur un bout d'un vaste canapé, ce n'est que pour que le temps passe plus lentement. Chaque fois c'est pour que j'ai à pleurer quelque chose au lit. Ca ne me va pas, j'ai décidé. Je ne veux rien avoir à faire avec personne. D'une manière : je sais juste que personne n'y comprendrait rien. Je ne suis qu'une bouffone qui vit chez sa mère : de fait : va servir la soupe aux autres, bouffonne. "Comme tu n'es qu'une bouffonne : va aussi échanger la télé que tu m'as acheté avec l'ancienne que j'avais qui était mieux : bouffonne". "Je n'ai pas compris ton message, et j'ai pris mes cachets, bouffonne". "Et si tu partais travailler dans un autre pays, bouffonne". "Arrête de te traiter de bouffonne, bouffonne."

J'ai mon coin ici loin de mes réseaux : pour fabriquer du dessin. Tous les jours : "je devrais lire du manga", "je devrais vraiment m'y mettre à fond". Et comme pleins de gens je ne sais pas me défendre dans la vie. Je sais seulement que l'ennui qui m'emporte quand je suis là pour les autres : me fait regarder ailleurs que sur le sujets de mes nombreuses ruptures avec chacun des gens qui me parlent, en gentil. Et qu'en fin de compte tous ce qu'ils ont fait c'est d'avancer sur les autres : moi je ne peux pas rester assise sur cette chaise et attendre que m'arrive l'envie de rester dessus. Tout ce que je crois c'est que du fait de mon parcours imbittable : c'est foutu pour moi. Je veux avoir envie, je veux être normale. Ca fait des années. Que la seule chose que je sais de moi : c'est qu'elle est mieux toute seule.

29 05

Je n'ai le temps de rien faire et je n'ai pas d'amies pour m'en plaindre. Je me fais assassiner par le travail mais personne ne trouvera aucun coupable. Alors de toute façon je ne suis pas courageuse mais quand tout ce corps se muscle pour se lever à 5h45 : révise tous les mauvais moments à venir : je réalise et pense aussitôt que je lui donnerais volontier le repos éternel si j'avais du courage. C'est toute essouflée et sans plus rien dans la tête que je vais chasser dans mon temps libre : quelques plaisirs éphémères.

Je me sens éligible au suicide, le basculement est à venir ma foi, tu veux je raconte des mensonges ici peut-être : te dire que ce n'est qu'un petit orage. J'ai envie de me tuer comme tous mes gens normaux qui détestent comme toute personne normale : son travail, sa vie : les choix qu'elle a devant elle : comme des chemins qui se croisent en bout de course : à faire les pieds qui traînent.

22 05

Quoi j'ai dit quoi ici ? Que je créée les conditions pour rencontrer de nouvelles personnes. Mais malheureusement pour moi je suis faite dans l'introversion : totale. On me verrait qu'on se dirait : "elle, c'est vraiment pas le profil type : elle parle, elle rit, elle pose des questions". Pas timide. Mais en fait si beaucoup. Peur de laisser du vide, du silence : les autres font pas aussi semblant que moi des fois. Que j'ai envie de crier parfois : "fais un effort !". Moi j'ai appris à mettre les formes, à me tenir, j'ai les phrases toutes simples, cordiales, l'intonation pour que tu soies sûre que je te la fait pas à l'envers.

Mais vraiment, constamment effrayée que soie vue la pourriture dans le beau petit coquillage. Je suis gentille et cordiale : parce que je suis lâche et insupportable comme tout le monde à d'autres endroits.

Un jour, je ne me rappelle plus après quoi : ma mère m'a répondu que non : "toi tu n'es pas méchante" de toute façon. Sûrement que j'avais dû lui dire que je voulais faire un truc de méchant à quelqu'un. Quand elle a dit ça : je me suis sentie vue. C'était une dizaine d'années en arrières. Aujourd'hui je suis tellement excécrable avec elle : ce n'est plus vrai du tout que je mets aucune méchanceté en action. J'ai été lâche, mais je me rappelle que j'ai pu être courageuse quelque fois mais aussitôt j'ai tout le reste pour me rappeler tout le reste.

Oui il y a la vie ordinaire qui me passe dessus sans jamais déceler aucune vérité intemporelle de moi. Et je me sens au bord des larmes d'invoquer toutes les mémoires qui me font aujourd'hui. Il n'y a rien de ce qui est passé qui ne me laisse pas seule avec de la tristesse à consommer. Je ne sais pas voir de belles histoires, bien résolues. Je n'arrive pas à le faire avec mon présent : je ne me vois pas arriver sur une séquence bien foutue. C'est toujours pour que je regrette amèrement toujours. Je sais que n'importe de mes lignes de dialogues, aussi polies soient-elles : me déplacent dans la lâcheté de trop. Ou bien pire : vers rien du tout. J'suis gentille, c'est pour pas fabriquer de nouvelles mémoires de ce genre-là.

17 05

Je me sens laissée comme une pièce vide après son dernier visiteur. Beaucoup de désirs s'accrochent à moi pour tomber misérablement ensuite comme de très fragiles pétales de fleur. Et puis j'ai crée des conditions nouvelles pour toute une année déjà. Pour rencontrer de nouvelles personnes, me faire voir un peu. Faire des trucs. Me voir parler puis, debrifer ensuite comment j'ai encore mal parlé.

Mais tout est à faire dans un temps limité parce que le travail, parce que le reste. Et ce temps que j'avais quand j'étais au chômage et que je savais précieux : me manque. Puisque il faut toujours faire le deuil de quelque chose. Si je n'ai pas de temps à épuiser à perte : je ne peux rien apprendre, rien faire de plus de ce que je fais dans la limite de ce qui m'est permis de faire dans le temps qui m'est permis.

03 05

On me qualifie de nihiliste pour me marquer d'un vu quoi. Histoire de pouvoir être classée quelque part, le temps de. Ça me dit toujours que je suis quelque chose et moi ça me laisse un peu à côté de moi-même. Ça me dit plus rien de vouloir me disposer à leurs petits mots si ce n'est pour jouer deux minutes avec. Ils me donnent toujours à me penser comme un dangereux objet instable. Mais se penser avec des mots qui ne sont que des attaques : j'ai beaucoup de goût pour de meilleures idées maintenant.

Ecoute, avec l'écriture j'essaye d'extraire du contenu de ma tête. Autrement, je me sens complètement conne tous les jours : d'une manière dangereuse : d'une manière qui me fait tout oublier comme si je n'avais pas d'histoire, ni rien à dire finalement. Tout va bien, rien de neuf ici. Ces grands sentiments ont déjà été largement étalés sur du papier par un écrivain japonais suicidé du siècle dernier. Les dépressifs sont très vivants quand ils orbitent autour de leur détresse comme s'il s'agissait de leur muse préférée.

Et comme malheureusement pour moi, tout fonctionne, plus ou moins accidentellement sans que je ne puisse me morfondre sur l'injustice qui me touche singulièrement. J'attends que ça infecte mes nerfs de plus de puissance d'agir.

Pourtant quel taf de con : je suis debout 8 heures dans la journée, surveillée chaque minute, et jamais remarquée aux lieux de mes potentiels. Il faut peut-être de ce mal là pour niveler au plus haut : le désir d'en échapper par tous les moyens. Affaire à suivre..

20 04

Une branleuse et c'est comme ça. Je me sens un peu seule alors je fais des tours dehors et je laisse ma playlist tourner. Autant que de me satisfaire, de me faire visiter des espaces comme s'ils étaient des friandises offertes de soi à soi. Je sens que ça me choutte. J'ai laissé la musique prendre mes rêves et les emporter avec elle : le temps d'une balade ou d'un trajet en bus. Il semble si peu probable que je m'emmène quelque part, que c'est comme jeter le bébé hors du bateau qui coule, en espérant qu'il ait une chance de s'en sortir. Je suis incapable d'ammener mes aspirations quelque part. Incapable de faire de l'argent avec. Je suis sourde à toutes mes détresses. Je m'entends rouspeter, j'suis bonne qu'à encaisser des migraines, je les subis et j'attends qu'elles passent. Et je sais bien qu'elles me font perdre mon temps. Ca aurait pu m'énerver quelques années en arrières mais après j'ai été un peu capable de prendre sur moi. Surtout quand j'ai appris de moi que j'étais vraiment qu'une bonne à rien et qu'il n'y pas moyen de traiter ça avec des médicamments. Ni avec le poids de la culpabilité : erreur analytique. "Vois le comme un point de départ."

Mais. Quand même... J'ai un petit doute sur mes capacités. Je sens qu'elles me laissent tomber à longueur de temps. Maintes et maintes fois : je me suis décidée que j'allais faire sans. Je me connais mieux bête. Je n'ai plus à perdre confiance en moi constamment ; je crois personne qui voudrait me booster au taf. Ce n'est que quelques croquettes pour domestiquer tes chakras, tes neurones. Les miens, ressemblent sûrement à un large lierre déséché. Malgré que je leur donne à voir, à faire : pour eux : je marche longtemps : je lis, je cherche de la musique, je parle à des gens, je leur donne à manger. Je paye la piscine, je fais des tours dedans : je sens mon maillot me rentrer dans les fesses, je me sens immédiadement minable mais je le fais quand même parce qu'ils disent tous qu'il faut faire de l'exercice nananinanana.

Finalement pas tant une branleuse que ça : mais pour sûr qu'en retour mon cerveau gauche pourrait m'ouvrir ses portes un peu plus souvent plutôt que de me laisser à l'entrée comme s'il s'agissait d'un accès premium.

14 04

Après la mort de mon père, je suis née à nouveau. Oui ça change vraiment tout dans la vie. Et de désirer si fort refaire le chemin inverse c’est être amené à vivre dans des familiarités éphèmeres qui n’auront jamais rien à voir avec ces souvenirs chaleureux. De le vouloir tant : c’est d’être loin de l’avoir. Et puis, c’est comme ça, je ne suis pas de tous les marathons, j’ai perdu, j’ai perdu : c’est avancer d’une autre manière. Je voudrais me sentir parfaitement épuisée de vivre trop. Mais je sais bien que chaque jour fait est de ceux que j’ai abandonné. Même si perdre est ma maison, il faut se faire belle pour le jour qui change tout.

Même que j’y crois pas. N’y croire n’est pas comme marcher avec ses deux jambes quelque part : ça, déjà : c’est révolutionnaire : se déplacer en des lieux qui ne nous attendent pas : l’humiliation et l’insignifiance avec quoi ils nous enfoncent : c’est là que commence le bras de fer. C’est là que ça peut changer.

13 04

Avant la mort de mon père je n'étais prête à rien.

19 02

Ça ne m’intéresse plus d’être habitée d’une personnalité. Regarde, que des emmerdes. Je ne veux pas vouloir être une bavardeuse, et je complexe d’en être qu’une mauvaise. Je sens qu’au lieu de raisons, il n’y a toujours que de l’apathie. Que le déni me guette quand je sens les forces en action qui la rende opérante. Et de désespérer de n’être bonne qu’à faire le clown à la place de rester invisible. Il n’y a rien de ce que j’écris qui soie des nouveautés. Et je désespère de ne trouver plus rien spéciale.

Et je trafique sans jamais plus penser une seule fois que ça peut changer ma vie. Je trafique, c’est tout. J’ai de tels complexes que je crois : m’empêchent d’accéder à une meilleure manière de fabriquer du texte. Je ne sais pas ceux qu’ils sont. Je veux pas traiter avec, ils sont là, ils font du mal je le sais. Et pousser les limites de mes capacités ressemble juste à n’y voir plus clair du tout et faire n’importe quoi. Tous les jours : “il faut choisir”. Si je veux bien parler ou bien mieux dessiner ou bien mieux comprendre ou bien découvrir de la musique ou bien des films ou bien des livres ou bien n’être plus que façonnée dans les abstractions de tous les lieux communs que je n’ai pas le temps de rencontrer. Et à la fin de la journée, je ne suis juste pas contente de l’avoir passé à faire toutes ses choses en me sentant toujours plus loin derrière ceux pour qui ça va.

Et il ne faudrait surtout pas, que je tombe en admiration pour n’importe quoi qui viendrait me remplir de signifiants. Il ne faudrait pas que j’apprenne des choses qui me resteraient pour toujours dans le crâne.

Comme ils n’ont eu que de la chance, ils ne servent plus qu’à nous donner des leçons sur la manière dont je dois cesser d’être misérable.

Bien sûr, c’est sans moi. Faites, dites, peu importe.

Dévirilisée, les seuls espaces dans lesquels je peux jouir de ma féminité c’est dans mes rêves. Dehors il n’y a jamais rien de moi qui ne me servira jamais à rien. Regarde comment ils nous habillent pour comprendre que là se joue un pouvoir sadique sur nous. Tu peux t’amuser à compter sur les doigts d’une main tous ceux qui t’ont rendu un sourire. Et finir par prier qu’elle parle d’autre chose que du froid, du chauffage et de ton taff.

Et tout ce que je fais depuis toujours, pu la merde, inlassablement.

02 01

Je crois que même si je pouvais construire des amitiés.

Toutes les déceptions en concert avec la négligence par laquelle on m’a laissé comprendre que je ne peux qu’être construite en orpheline.

J’ai trouvé meilleur allié en moi qu’ailleurs. Mais. Celle-là sait qu’on ne peut pas mener ce ménage aussi loin dans l’existence.

Il faudrait qu’elle ait un peu de pouvoir qu’elle n’en n’aura jamais. Alors c’est pour ça que l’amour s’est doublé d’une constante insatisfaction. Et c’est comme ça. Je ne peux rien y faire.

Alors je n’aime pas. Je passe le temps. Et ça ne me vient pas de pleurer ce qui me manque. Je dis que je n’ai pas de pouvoir mais de vivre sans depuis longtemps m’a débarrassé d’attente et de souhaits illusoires.

Celle-ci n’espère rien. Enfin des fois je voudrais que mon esprit soie ouvertement accessible et qu’il me dise nettement ce qu’il comprend qu’il me confisque tous les jours.

Dans ce décor inchangé, elle a changé : de personnalité, entièrement. J’ai changé en tout. Mais je sens que ça n’a pas à voir avec l'idée de progression positive ou de vieillissement naturel. Tous les jours étaient de mesurer le pour, le contre, de prendre des décisions et de les réfléchir sur une longue durée : dans l’espace de la pensée. Le seul espace sur lequel j’ai du pouvoir.